mercredi 6 février 2008

Les blogs et la vulgarisation de l'intelligence économique

Les blogs, que des passionnés de l'intelligence économique dédient à cette discipline qui fait l'objet de tant d' amalgames et de préjugés et peine encore à s'imposer, constituent un véritable outil de vulgarisation, en ce qu'ils contribuent à la faire sortir de l'anonymat et à lui assurer une visibilité croissante sur le net .
Ils sont, dans la diversité de leurs orientations, un formidable outil d'enrichissement pour qui veut améliorer ses connaissances et acquérir les leviers à même de lui assurer la maîtrise des thématiques liées à l'intelligence économique .
Suivent, ci-après, deux articles recueillis:
- le premier, sur le blog verbalkint (
http://www.verbalkint.net/ ), présentant les blogs sur l'intelligence économique suivant leur ligne éditoriale;
- le second, sur le blog intelligence-center (http://c.asselin.free.fr/ ), énumérant une liste de 50 blogs dédiés à l'IE.


"QUELS BLOGS SUR L'INTELLIGENCE ECONOMIQUE ?
En développant au jour le jour le
blog de Verbalkint, je me suis aperçu que blogger sur des thématiques liées à l'intelligence économique constituait un véritable défi. Opérations d'influence, gestion de crise, veille stratégique, lobbying, déstabilisations, mise en place de processus de sécurité, applications grands publics, formation...nombreux sont les champs d'application liés ce domaine. Dès lors, comment animer un espace d'expression libre tout en gardant une ligne éditoriale précise et intéressante ?

La question divise. Depuis quelques années, un nombre restreint de bloggeurs s'adonne à la publication régulière de posts dédiés aux questions d'intelligence économique. Tous suivent des lignes éditoriales différentes et font part de leurs expériences comme de leurs réflexions. Aref de
Vtech traite de l'actualité de la veille technologique et fait figure de base de donnée de l'IE en ligne. Frédéric d'Actulligence adopte un ton légèrement différent en nous faisant part plus régulièrement de sa réflexion. Nicolas de Réputation Management opte pour l'analyse de la gestion de la réputation d'acteurs diverses évoluant aussi bien dans l'économie traditionnelle que numérique. Olivier rédige de longues notes sur l'intelligence économique et ses diverses applications business et théoriques. Armelle décortique exclusivement les Outils de veille stratégique alors que Julien d'IT Ligentia se positionne sur des thématiques plus généralistes. Le tout jeune blog de l'IE-lobbying de Pierre-Antoine opte pour une approche très théorique alors que celui de l'European Economic Intelligence Network expose une opinion fortement influencée par les valeurs du programme Parthenon. Enfin, celui de François nous parle d'intelligence économique en nous faisant profiter de l'expérience de sa propre entreprise, Troover. Comment gèrer un blog d'intelligence économique ? Là aussi les techniques divergent. A ma droite l'école des blogs publiant de longs article très documentés et souvent critiques. Le blog d'IE-lobbying, celui de Risques Pays, celui d'Olivier Pommeret ou encore celui de l'EEIN en font partie. Les posts sont souvent très bien documentés, très fournis et n'hésitent pas à défendre fermement leurs convictions. Les commentaires sont toutefois rarement nombreux, le temps de lecture freinant sans doute pas mal de lecteurs non-spécialistes. A ma gauche, l'école des blogs collant à l'actualité, comme celui de Vtech, celui de François, de Frédéric ou de Knowckers, blog adoptant un ton résolument offensif. Ceux-ci tirent leur inspiration de l'actualité politique, économique, sociale, technologique, culturelle et autres pour rédiger de courtes notes quotidiennement. Les commentaires y sont courant. Au centre, nous retrouvons enfin tous les blogs mixtes, parlant aussi bien d'actualité, d'outils et d'analyses sans rythme de publication bien défini. On pourra y ranger le Blog et IE de Tarik, le blog de Nicolas, celui d'Intelbiz ou encore celui d'Euresis. A la croisée entre blog et journalisme, il me faut également citer le très bon blog des Echos sur l'Intelligence Economique. Enfin une dernière catégorie, les blogs ne publiant plus, soit les dizaines de blogs d'étudiants en Intelligence économique laissés au hasards du web sans administration. Parlons désormais des profils de bloggeurs en intelligence économique. Qu'ils soient chercheurs d'emploi, jeunes actifs (VerbalKint), professeurs (François-Bernard Huyghe), professionnels confirmés (Gilles Balmisse), chercheurs patentés (Nicolas Chazaud) ou étudiants curieux de tout (INNIS), tous participent à l'éclosion de cette discipline au niveau national. Leurs propos sont repris dans diverses conversations sur d'autres blogs technophiles, économiques, business, amicaux et même sur la liste Yahoo! Veille qui représente actuellement le meilleur des supports de communication en matière d'intelligence économique. On retrouvera une grande partie des blogs d'intelligence économique en surveillant le tag technorati ou utilisant fréquemment le moteur de l'intelligence économique. Tout ceci pour dire qu'il existe aujourd'hui une communauté de bloggeurs en intelligence économique qui ne fait que s'enrichir de par les discussions transversales qui s'y déroulent. Je vous laisse me communiquer vos impressions et m'avertir de mes éventuels (sûrement, même !) blogs oubliés."



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"VEILLE & KM
Activeille : veille comme moyen d’action privilégié pour guider l’action stratégique de l’entreprise.
Affordance : Le blog d'un maître de conférences en sciences de l'information. Réflexions, analyses, signalements.
Agents-Intelligents : blog d'actualités et d'informations consacré aux Agents Intelligents de veille et de surveillance ainsi qu'à l'Intelligence Artificielle
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Blog de l'activité de veille : réalisé par l'Ademe (sur les pratiques et infos utiles de l'activité de veille)
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L'oeil sur le net : le blog d'une chargée de veille
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La Machine à café : veille, web et IE
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Olivier Pommeret
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Blog IE-Lobbying : d'un lobbyiste et spécialiste en intelligence économique.
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Claro : Competitive Intelligence & Perceptions Management num Blog-Notas, para tornar o obscuro bastante mais...
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Competitive Intelligence by Arik Johnson....(Aurora WDC)
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competitive Intelligence : Tips, Tricks & Resources for a Competitive World
Competitive Intelligence : deliver competitive intelligence about your business competitor’s strenghs and weaknesses.
European intelligence economic network
Evaluation de l'information : par l'IECS de Poitiers
IEGI : Intelligence Eco & technologie, Décryptage des outils de veille et réflexion sur l'intelligence économique
Intelligence Economique & Technologie d’Information
Intellinor : l'intelligence économique en région Nord-Pas de Calais
L'intelligence Economique : "On y traite de sécurité des systèmes d'information, de confidentialité, de contre mesures face à l'espionnage industriel. La Cindynique, les risques, l'analyse des risques et les audits, la consultance, le conseil".
Infoguerre : la guerre de l'information. Ce weblog a pour vocation de centraliser tous les articles publiés sur l'infoguerre
inFormed Knowledge : Turning Rambling Data into Actionable Intelligence
Intelligence économique aux USA: Utilisation de l'intelligence économique par les entreprises américaines
Master en Intelligence Economique UT1: blog de la promo 2005.
Les médias et l'Intelligence Economique
Net-Intelligence : a blog for professionals looking for the next level of competitive advantage
Réputation et Information : Quand l'intelligence économique se penche sur le reputation management
[Spyworld Actu] : Renseignement, Défense, Technologie, Terrorisme, Intelligence économique
VerbalKint : intelligence économique et internet : "Le blog de Verbalkint analyse l'actualité d'internet en terme de guerre économique, influence, undercover marketing et communication interactive".
Vigilances : Blog de l'association Vigilances Blogs de l'EGE: dédiés à différents secteurs et problématiques stratégiques : Sphère d’Influence de la France, IELuxury, Vin Spirit IE, EnergieInfluence, Googlinside, ICDélocalisations, Hedge Funds Watch, Les poumons du Tabac, Stratégie environnementale et compétitivité, Le Cinéma Enchaîné, Illusion Durable, ConsoSphère, DigIntel.
...et aussi:
Intellitoria, Imaginer l'intelligence territoriale
Veille et Intelligence Economique : observatoire de l'actualité économique
Christophe ASSELIN"

dimanche 27 janvier 2008

"Oxford Business Group" dans son dernier rapport L'année 2007 a été "remarquable" pour l'économie algérienne

Par : EL MOUDJAHID Le : samedi 26 janvier 2008

L’année 2007 a été "remarquable" pour l’économie algérienne qui a bénéficié d’une forte hausse des prix des matières premières énergétiques, estime le groupe anglais de consulting "Oxford Business Group" dans son dernier rapport. Dans son évaluation de l’économie algérienne en 2007, Oxford Business Group a affirmé que l’économie algérienne a connu une croissance de 5%, soulignant que le FMI a annoncé son soutien en faveur des réformes économiques engagées par le président Abdelaziz Bouteflika en vue de libéraliser l’économie et dont les résultats "commencent à se faire sentir".Oxford Business Group note que le gouvernement algérien approuve l’évaluation du FMI qui recommande d’ "encourager le secteur privé et de réduire la dépendance à l’égard des hydrocarbures, qui ont constitué 97% des exportations algériennes en 2007". Le gouvernement algérien, ajoute le rapport, "s’est engagé à investir 140 milliards de dollars au cours des 10 prochaines années pour moderniser les infrastructures, notamment les réseaux routier, ferroviaire et aérien, en vue de faciliter les transports et les flux commerciaux hors hydrocarbures".Le groupe de consulting spécialisé dans l’évaluation des marchés émergents estime, par ailleurs, que les actes terroristes qu’a connus l’Algérie n’ont pas fait fuir les investisseurs, précisant que de grands groupes à l’instar de l’émirati Eemar envisagent d’investir près de 20 milliards de dollars pour la réalisation de quatre projets immobiliers situés à Alger et sa banlieue.Le rapport note que l’Algérie a dévoilé en 2007 deux autres projets d’envergure, précisant que "le premier en fera le chef de file des pays africains dans l’espace tandis que le deuxième projet porte sur le développement de l’énergie nucléaire". Si tout se passe comme prévu, "à l’horizon 2020, le pays sera doté de six réacteurs nucléaires et de 10 satellites de communication fournissant des données précieuses pour des études agricoles et environnementales, ainsi qu’un service cartographique", ajoute le document. Oxford Business Group est un cabinet d’intelligence économique qui réalise des études économiques et politiques sur les marchés émergents. Ses publications en version papier et électronique donnent des informations exhaustives et précises sur l’analyse politique et les développements micro et macro-économiques, y compris les banques, l’énergie et les infrastructures de base.

vendredi 25 janvier 2008

Intelligence Economique et Francophonie

Les auditeurs de la 1ère promotion PGSIE de l'UFC ont assisté hier, jeudi 24 janvier, à partir de 14 heures, en visioconférence, aux segments: "Les enjeux de l'intelligence économique pour la Francophonie" et "Regards croisés sur les pratiques de l'intelligence économique" du colloque "Intelligence Economique et Francophonie: vecteur de développement et coopération internationale" organisé à Paris par l'Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et de l'Industrie (ACFCI), l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), l'Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), le Forum Francophone des Affaires (FFA), l'Institut Catholique de Paris (ICP) et le Pôle Universitaire Léonard de Vinci (PULdV).

Les intervenants au titre du premier segment étaient:
*M. Alain Juillet, Haut responsable à l'intelligence économique (France) ;
*M. Philippe Clerc, directeur de l'intelligence économique et de l'innovation à l'ACFCI.

Au titre du second segment, deux orateurs ont, tour à tour, présenté des exposés sur l'intelligence économique au Canada et en Suisse.
Quant à M. Francis Moaty, Responsable de la Formation PGSIE dispensée par l'Université de la Formation Continue (UFC) d'Alger (Dely Brahim), il a présenté, avec une appréciation éminemment positive, l'enseignement dont il a assuré la mise sur pied avec l'aide d'une équipe d'enseignants algéro-française.
Son intervention, intitulée "Algérie: retour d'expérience d'une coopération réussie avec le Maghreb", a été suivie avec beaucoup d'attention par les auditeurs, le staff de l'UFC et les enseignants présents.
Elle a donné lieu à un commentaire de M.Boughachiche qui a mis en avant l'existence de pratiques non formalisées d'intelligence économique en Algérie dès les premières années de l'indépendance; pratiques qu'il serait intéressant de "récupérer".

jeudi 24 janvier 2008

Crise boursière Qu'en est-il de l'argent algérien placé aux Etats-Unis?

par Ghania Oukazi

C'est à demi-mot que les analystes financiers reconnaissant qu'en plaçant ses réserves de change dans les fonds de pension américains, l'Algérie n'a pas réussi à les faire fructifier comme il se doit. «C'est la seule solution qu'elle a, mais la meilleure manière est de l'investir dans des projets», dit le professeur Bahloul. Rares sont les financiers et économistes algériens qui reconnaissent ouvertement que le placement d'une partie des réserves de change nationales dans les fonds de pension américains est une mauvaise idée des décideurs. Ceux qui nous l'affirment, aujourd'hui, tiennent à l'expliquer - dans l'anonymat - parce que, disent-ils, il n'est pas très juste de dire que «le pays n'a rien perdu après les importantes baisses enregistrées par les bourses mondiales» et que «les Algériens (sont) à l'ombre du dollar » (Lire Le Quotidien d'Oran du mercredi 23 janvier 2008). Pour rappel, l'Algérie avait décidé, il y a quelques années, de placer son argent dans des établissements financiers mondiaux pour le faire fructifier. Elle a donc décidé de procéder au placement d'une partie de ses réserves de change dont le volume n'a pas arrêté de gonfler en raison de l'envolée vertigineuse du prix du baril de pétrole. La Banque d'Algérie affirme aujourd'hui, que ces réserves de change ont atteint 100 milliards de dollars, un matelas financier qui met à l'aise et à l'abri le pays en lui assurant une longue période de sécurité «économique». Des banquiers affirment même que le niveau des réserves en question est bien plus important que celui annoncé officiellement. L'essentiel est de reconnaître que l'Algérie est loin des années 90, où des responsables ont été envoyés dans certains Etats occidentaux pour quémander des aides financières sous forme de crédits d'à peine une quinzaine de millions de dollars, mais ils retournaient les mains vides pour cause de non solvabilité du pays. L'Algérie passait alors à la table de ce qu'on avait appelé à l'époque le reprofilage, pour être, en réalité, un rééchelonnement de ses lourdes dettes sous les conditions et les pressions du FMI. S'en suivait de suite le plan d'ajustement structurel dont les effets et les conséquences négatifs sont visibles à ce jour sur les sphères économiques sociales. Des financiers affirment que l'Algérie a procédé à ce jour, à des dépôts aux Etats-Unis de près de 44 milliards de dollars des 100 milliards de dollars des réserves de change.
«On n'est plus dans le scénario de 1929» L'Algérie a préféré les mettre dans les fonds de pension américains parce que, nous dit-on, «même si elle sait qu'elle finance avec le déficit budgétaire américain, elle voit que les taux d'intérêts qui lui sont accordés pour ses dépôts sont élevés». Elle en a placé aussi dans des fonds anglais «mais un montant moins important que celui déposé chez les Américains», précise-t-on. Depuis quelque temps, les marchés mondiaux observent une baisse importante du dollar par rapport à l'euro qui atteint ses niveaux les plus élevés depuis sa création. Les chutes répétitives du dollar et la crise de cette semaine des places boursières mondiales n'ont pas été pour aider l'Algérie à bénéficier de gains appréciables. «Ses placements n'ont pas été fructifiés comme elle l'attendait en tablant sur les forts taux d'intérêts qui lui sont accordés», disent les analystes. Le professeur Mohamed Bahloul, anthropologue et économiste, directeur de l'Institut des ressources humaines d'Oran, explique les choses autrement. Il souligne en premier, certaines caractéristiques de cette dernière crise boursière mondiale. «On n'est plus dans le scénario du krach boursier de 1929 parce qu'aujourd'hui, les Etats sont mieux outillés et leur système financier est encadré par un modèle institutionnel de régulation qui ne permet pas les courts-circuits, on ne doit donc pas paniquer», nous dit-il. Cependant, dans ce genre de situation, précise-t-il, «nous avons deux éléments importants, le premier est qu'on n'a pas toutes les informations sur l'état réel de la crise et sur l'ampleur du choc que le système financier subit. Les banques ne donnent pas toutes les informations». Le second est que «nous ne connaissons pas non plus l'état réel ainsi que les capacités de riposte du système financier». Bahloul affirme néanmoins que «nous ne pouvons pas exclure dans ce genre de situation la manipulation et la spéculation». Et c'est ce qui peut bouleverser un ordre établi pour atteindre des objectifs précis. Ceci étant dit, il fait remarquer que «si la crise persiste, la récession de l'économie américaine sera longue et son déficit budgétaire va se creuser».
«La meilleure solution c'est d'investir» Les conséquences sur l'économie algérienne, «elles ne sont pas sur son économie réelle mais il est évident qu'elle perd du volume de ses rentrées en devises et n'aura pas tout de suite les gains qu'elle attend d'engranger par le biais des placements de ses réserves», dit Bahloul qui explique que «parfois, l'économie monétaire n'a pas d'incidences directes sur l'économie réelle». Notre interlocuteur tient à souligner que «si l'Algérie a recouru au dépôt de son argent dans des fonds américains, c'est parce qu'elle n'a pas d'autres choix ni d'autres solutions pour le faire fructifier». Pour lui, «le pays manque de capacités d'absorption rentable, il vaut mieux opter pour des dépôts que de laisser l'argent dormir dans les caisses». Mais il affirme que « la meilleure solution reste en évidence, celle de l'investir dans des projets bien ficelés pour le bien de l'économie nationale». Notre universitaire est optimiste quant à la suite à donner aux événements financiers qui secouent la planète. Si une forte et longue récession de l'économie américaine fait craindre le pire au reste du monde, Bahloul estime en effet, que «la panique ne doit pas être de mise parce qu'aujourd'hui, la croissance mondiale peut être tirée par des pays comme la Chine, le Japon, d'autres d'Amérique latine et les pays pétroliers, ils sont un substitut». Mieux, il reste persuadé que pour l'Algérie «comme l'argent a été placé en dépôts, ça va remonter, d'ailleurs, à voir le rebondissement des bourses asiatiques hier, ça commence à se faire». Un responsable dans les milieux financiers algériens nous rappelle que «les Etats-Unis ont déjà prévu que d'ici à la fin 2009, le dollar remontera comme au temps de ses jours de gloire». Le ton est donc donné pour rééquilibrer les finances du monde par la seule volonté des Américains. En attendant que les pays qui ont les capacités de tirer la croissance se constituent en force fondatrice d'un nouvel ordre économique mondial.

Source :
http://www.lequotidien-oran.com/
Edition : 24 janvier 2008

La COFACE qualifie de "moyen" l'environnement des affaires en Algérie

Innovation 2008 dans la grille de lecture du «risque-pays», l'appréciation n'est pas du genre à plaire aux «pilotes» de l'économie algérienne. La Caisse française d'assurance pour le commerce extérieur (Coface) crédite l'Algérie d'un indicateur mitigé dans le chapitre du climat d'affaires. L'Algérie jouit de la note «B» - synonyme de cinquième place -, un rang en deçà de son classement au panorama mondial «risque-pays». A l'appui de sa note, la Coface met en avant une somme d'explications au premier rang desquelles le climat d'affaires. Un aspect qui fera désormais l'objet d'un classement à part. «L'environnement des affaires est moyen», constatent les analystes de l'assureur français. En guise de justification de la note «B» attribuée à l'Algérie et à trois autres pays d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, ils pointent une série de lacunes et de contraintes. Remarques qui résonnent mal à l'oreille de ces derniers, l'Algérie meuble la liste des pays où «le recouvrement des créances est parfois difficile». Autres doléances qui affectent le climat d'affaires, la lisibilité de la santé des entreprises algériennes. «La fiabilité et la disponibilité» de leurs bilans «sont très variables». «Les institutions présentent certaines fragilités», argue la Coface sans autres précisions. «Les entreprises évoluent dans un cadre instable ou peu performant», d'où un conseil de prudence de l'assureur hexagonal à l'endroit de la communauté d'affaires hexagonale. «C'est un facteur de risques à prendre en compte pour les transactions interentreprises». Cette grille de lecture contraste avec le discours officiel algérien. Au gré des colloques et des journées économiques, ministres en charge des secteurs économiques, chefs d'entreprise et banquiers s'attachent à «vendre» un paysage économique désormais lisible et visible. En visite à Paris à l'automne dernier à l'invitation du Medef-International (patronat français), le ministre des Participations et de la promotion des investissements, Abdelhamid Temmar, avait fait valoir un climat d'affaires «en amélioration constante». A la Coface, on justifie la mise en place de cette notation supplémentaire par le souci de mettre à la disposition des entreprises françaises un nouvel outil d'appréciation. «Cela permet d'évaluer la qualité globale de l'environnement des affaires» dans un pays. «Les bons résultats économiques d'un pays ne contribuent pas toujours à une amélioration des affaires», précisent les experts de la caisse. L'allusion vaut pour les pays dotés de matières premières. L'envolée des cours sur les marchés mondiaux conforte leur santé financière et leur confère un «réel dynamisme» économique sans que cela ne se traduise par un ancrage des réformes. C'est la première fois depuis le lancement, en 1996, de son panorama «risque-pays» que la Coface note, dans un classement à part, l'environnement d'affaires. Autant que pour le «rating pays», 155 pays sont passés au crible. Logée à la même enseigne que l'Arabie Saoudite, l'Egypte et le Liban, l'Algérie fait mieux que l'Iran et la Syrie (crédités de la note «C» ou sixième place), la Libye, l'Irak et le Yémen («D»). Comme au classement «risque-pays», la Tunisie et le Maroc jouissent de la note «A4» (4e place) au même titre que la Jordanie, et Oman. Quatre monarchies du golfe (Emirats, Koweït, Qatar et Bahreïn) sont logés à la troisième place (A3) en décalage d'une loge par rapport à leur classement «risque-pays». C'est Israël qui offre l'environnement d'affaires le plus favorable, selon les conjoncturistes de la Coface. Note prévisible, l'économie algérienne aborde l'année 2008 avec une appréciation «risque» inchangée. Au miroir de la Coface, elle occupe la quatrième place (A4), un rang qu'elle avait intégré courant 2005 après une dizaine d'années de «purgatoire économique». Au plus fort des années de violence et d'isolement, l'Algérie était classée entre les 5e et 7e place au grand dam du pouvoir politique et de la classe économique. Comme l'an dernier, l'Algérie reste perçu comme un pays à la visibilité stationnaire. Les perspectives politiques et économiques «peuvent être marquées par quelques fragilités», estiment les prévisionnistes de la Coface. Lesquels se gardent de tirer quelque sonnette d'alarme. «Une relative volatilité de l'environnement des affaires est susceptible d'affecter les comportements de paiement, la probabilité moyenne que cela conduise à un défaut de paiement restant acceptable». En dépit des contraintes qui pèsent sur le climat des affaires, 2008 s'inscrit dans une tendance positive. «Les perspectives de croissance sont favorables et l'économie devrait voir une accélération de son taux de croissance estimé à 5,2 %». En 2007, celle-ci s'est affichée à 6 % hors hydrocarbures, selon des estimations toujours en attente de consolidation. Conséquence d'un léger recul de la demande internationale, la production nationale s'est tassée un peu, bloquant le compteur de croissance à 4,8 %. Sous un angle macro-économique, aucune incertitude ne pèse sur l'avenir immédiat. «Le pays jouit d'une situation financière sans précédent», confortée par un endettement extérieur ramené à sa plus simple expression et un niveau de revenus potentiellement important. Autant d'atouts qui mettent le pays «à l'abri d'une crise de liquidité».


Source:
http://www.lequotidien-oran.com/
Auteur: S.Raouf, correspondant à Paris
Edition: 24 janvier 2008

mardi 22 janvier 2008

Soutenance des premiers projets

Les journées des 19 et 20 janvier 2008 ont été des journées particulières pour les auditeurs de la 1ère promotion PGSIE de l'UFC. Par groupes de trois ou quatre, ils ont, en effet, soutenu leurs premiers projets dont les intitulés sont, dans l'ordre de passage, les suivants:

- Expériences de veille en Algérie.
- Le climat des affaires en Algérie.
- PME et intelligence économique.
- Comparaison entre les systèmes d'intelligence économique dans le monde.
- La société de l'information en Algérie.
- Le développement du tourisme en Algérie
- Le dispositif américain d'intelligence économique.
- La contrefaçon en Algérie.
- Le développement des énergies renouvelables en Algérie.

Les notes obtenues ont été, dans l'ensemble, satisfaisantes.
Cette étape franchie, les auditeurs de la PGSIE enchaîneront sur leurs seconds projets dont la liste n'a pas encore été définitivement arrêtée.

dimanche 20 janvier 2008

L'espionnage économique freine l'investissement en Algérie

Hamza Benhalima
mardi 22 mai 2007

C’est un véritable pavé dans la mare que l’expert international Malek M’barek Serrai a jeté au cours de la table ronde organisée, hier, au forum d’El Moudjahid autour de l’investissement en Algérie, en révélant que nombre de dossiers d’investissement présentés par des hommes d’affaires d’origine arabe à l’administration algérienne se sont retrouvés à …Paris chez des concurrents français. M. Serrai n’a pas hésité à dénoncer certaines pratiques exercées par des groupes d’intérêt étrangers, et qui ont pour but de ternir la destination algérienne aux investisseurs arabes.
Pourtant, "l’Algérie est considérée comme un pays stratégique pour l’investissement arabe", a-t-il estimé. L’intervenant a parlé de l’évolution et de l’intérêt que portent les investisseurs arabes au marché algérien en déclarant que "l’argent est dans le Golfe". Encouragés par un code des investissements ouvert, les investisseurs arabes, contrairement aux investisseurs européens beaucoup plus stricts, estiment que le marché algérien est un marché d’avenir. M. Serrai a également parlé de lobbying au sein de l’administration algérienne qui favorise les investissements européens, particulièrement français, aux investissements arabes, en citant des exemples sur des projets d’investissement déposés en Algérie et qui se sont retrouvés à Paris. L’autre intervention qui a marqué cette rencontre, est celle de M. Abdelmadjid Baghdadli, président de l’Agence nationale de développement et de l’investissement, (Andi), qui a annoncé qu’entre 2003 et la fin 2006, près de 7 500 projets d’investissement ont été réalisés avec un montant de 132 milliards de dinars, soit 14 milliards de dollars. Selon M. Baghdadli, "ces investissements ont créé 213 000 emplois directs et permanents".
Le président de l’Andi a signalé la résistance au changement et les blocage exercés sur l’investissement, en dénonçant le manque de lisibilité de la politique nationale en matière d’investissement et la faible performance du système financier qui exerce ce blocage au quotidien envers de jeunes promoteurs porteurs d’un projet agrée par l’Ansej ou l’Andi. Il a également parlé des retards accumulés en matière d’infrastructures de base au niveau des différentes régions du pays, qui agissent comme un facteur défavorable à l’investissement et qui freinent la volonté des opérateurs d’investir dans le marché algérien. En outre, les intervenants ont abordé le problème de la diversification de l’économie algérienne qui est principalement basée sur les revenues des hydrocarbures, qui représentent 98% des exportations du pays. Ils estiment qu’une économie diversifiée et libérée aura besoin de la débureaucratisation de l’administration, ce qui mettra fin à certaines pratiques qui flirtent avec la corruption. "Le réaménagement du code des investissements en juillet 2006, a été bien reçu par les investisseurs, mais cela n’est pas suffisant, car il existe actuellement en Algérie 320 000 entreprises dont beaucoup sont des PME, alors qu’on devait être une population de 800 000 à 1000 000 d’entreprises" a annoncé M. Baghdadli. Le refus des banques d’accorder des crédits est considéré par les promoteurs qui ont participé à cette table ronde comme la cause principale du blocage et du développement des PME en Algérie. Selon un expert en finance, une banque qui financera spécialement les PME-PMI devrait être créée pour faciliter la naissance d’entreprises, comme on le voit chez nos voisins.
Spyworld
URL de la source :
http://www.lemaghrebdz.com/lire.php?id=3551

vendredi 18 janvier 2008

Algérie:Lorsque"l'information remplace le fusil"dans la guerre économique

Yasmine Ferroukhi, la Tribune (Algiers), via Allafrica.com
mardi 13 février 2007 par
Spyworld
Abordée pour la première fois en conseil de gouvernement, le 20 décembre dernier, en tant que l’un des volets constituant le dossier portant Stratégie et politiques de relance et de développement industriels, la notion d’intelligence économique fera dans quelques jours et pour la première fois en Algérie l’objet d’une post-graduation spécialisée (PGS) que seule l’Université de la formation continue (UFC) assure pour le moment.
Ceux en mesure d’appréhender la portée d’une telle spécialisation savent qu’il s’agit d’une grande première lorsqu’on sait par exemple qu’en France qui, elle, se considère déjà très en retard par rapport aux Anglo-Saxons, c’est toute une école qui lui est consacrée et dont le nom détermine à lui seul l’importance et les enjeux. Il s’agit de l’Ecole de guerre économique de Paris, une référence européenne, car les guerres sont aujourd’hui indéniablement économiques où, dit-on, « l’information remplace le fusil, et le concurrent, l’ennemi ».
Pour plus d’informations concernant cette nouveauté dans l’université algérienne, nous nous sommes rapprochés de M. Lemnouar Abdeldjebbar, recteur de l’UFC, qui revient avec plus de détails sur cette question.
Il nous fait d’abord savoir que le programme qui sera assuré par des enseignants et experts algériens et étrangers s’articule sur cinq modules qui sont d’abord l’environnement stratégique de l’entreprise, le management de l’information pour la décision, l’action par l’information, la contre-intelligence économique et la cellule d’intelligence économique.
Dans le détail de chaque chapitre, il est intéressant de relever des modules tels que la recherche d’opportunités, l’augmentation des parts du marché et la conquête de nouveaux marchés, la sécurité informationnelle, les aspects juridiques de l’intelligence économique ou encore la négociation et le lobbying, pour ne citer que ceux-là. La formation en dix-huit mois est bien sûr sanctionnée par un stage et un mémoire à présenter en fin d’études. Pourquoi l’UFC ? Le recteur de cette université nous explique qu’il est « tout à fait normal que l’université se soucie d’offrir des compétences aux entreprises et aux institutions algériennes à même de les protéger », avant de déplorer cependant le retard accusé en la matière. « Même si on s’y prend un peu tardivement par rapport à ce qui se fait dans le monde, il n’est jamais trop tard pour bien faire et je pense que nous sommes pionniers parmi les pays émergents. » Il relève toutefois l’absence [criante] au niveau de nos universités de notions de base aussi importantes. « J’aurais voulu qu’il y ait, au niveau de nos facultés des sciences économiques, une introduction à ce type de réflexion. » Cela, sans omettre de rappeler que l’UFC a déjà été auparavant la première à introduire de nouvelles disciplines telles que le « DEA [Diplôme d’études approfondies] en droit des affaires en 1995 et que certaines facultés n’ont introduit que dernièrement au niveau des magistères ».
M. Lemnouar explique, en outre, que le rôle de l’UFC est justement celui « d’être toujours à l’écoute de son environnement et de répondre très vite [ ] C’est dans ce sens que nous avons proposé ce programme qui a, bien sûr, reçu l’aval de la tutelle, à savoir le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Un programme qui s’adresse donc pour la première fois aux décideurs, qu’ils soient dans des entreprises privées, publiques ou dans différentes institutions qui en expriment le besoin ».
Abordant la nécessité absolue de préparer nos entreprises au nouvel environnement économique, notre hôte fait remarquer que « dans quelques années, l’Algérie va être un véritable Eldorado économique, un immense pays aux richesses et aux potentialités extraordinaires et tout doit reposer sur le capital humain et les ressources humaines du pays ».
Dès l’annonce du lancement officiel de cette formation, lors du forum d’El Moudjahid du 8 janvier dernier, plusieurs lecteurs ont manifesté un vif intérêt et se sont interrogés sur la procédure à suivre pour y accéder. Une préoccupation que nous avons portée au premier responsable de cette université qui nous a fait savoir qu’il s’agit d’une « formation ouverte pour tout le monde pour peu que le postulant dispose d’un diplôme universitaire de graduation dans n’importe quelle discipline [licence ou ingéniorat) puisqu’il ne s’agit pas moins d’une post-graduation spécialisée. Autre condition, il est préférable que ces étudiants aient déjà une certaine expérience dans le domaine de la gestion de l’entreprise, c’est-à-dire des cadres opérationnels et auxquels incombera par la suite la responsabilité d’installer au sein de leurs entreprises respectives ce qu’on appelle la cellule de veille. Celle-ci reçoit toutes les informations relatives à l’environnement de l’entreprise, les traite et les analyse en vue de la prise de la meilleure décision possible permettant l’épanouissement de l’entreprise ».
Enfin, dernière question que nous avons adressée au recteur : cette formation est-elle payante, quand on sait que celle dispensée à Paris fait dans près de 8 000 euros ? Notre interlocuteur, tout en omettant de nous préciser le montant exact, avance que « certes, comme pour toute autre formation qui demande des frais particuliers, cette PGS est payante mais ça sera des frais qui restent relativement dérisoires par rapport à ce qui se fait ailleurs ».
L’université dote ainsi, au bout de dix-huit mois, les cadres de cette première promotion d’un outil des plus indispensables pour la protection de l’entreprise algérienne, et donc de l’économie nationale, dans un environnement de plus en plus impitoyable et implacable, pour peu que les autres secteurs suivent.
Spyworld
URL de la source :
http://fr.allafrica.com/stories/200702121152.html

jeudi 17 janvier 2008

Les entreprises algériennes entre intelligence économique et espionnage

Safia Berkouk, Jeune-independant.com
mardi 9 janvier 2007 par
Spynews
Définie comme tous les moyens déployés pour collecter l’information utile au développement d’une entreprise, l’intelligence économique ne fait pas encore partie de la culture d’entreprise en Algérie et n’est pas près de l’être. En l’absence d’une véritable culture de l’information et de systèmes d’informations efficients et face aux difficultés de l’accès aux informations, l’intelligence économique demeure au stade du simple concept dont les contours sont encore loin d’être maîtrisés.
C’est du moins ce qui ressort de la table ronde qu’a abritée hier le forum d’El Moudjahid et qui a été animée par des universitaires et des spécialistes du monde économique et de la gestion des entreprises. Si les animateurs et les participants à cette rencontre ont été unanimes à admettre l’importance de l’intelligence économique dans la vie d’une entreprise pour être en mesure de faire face à la concurrence étrangère et à trouver de nouveaux marchés, leur perception du contenu même du concept d’intelligence économique a toutefois donné lieu à quelques divergences.
Certains experts ont en effet estimé que l’intelligence économique est indissociable de l’espionnage économique, laissant entendre que les entreprises algériennes ne doivent avoir aucun scrupule à le faire, car il s’agit pour elles de se défendre par tous les moyens face à la concurrence.
C’est notamment le cas pour M. Réda Amrani, consultant en économie industrielle, qui estime qu’il faut se débarrasser de cette « fausse pudeur » qui consiste à faire le distinguo entre l’intelligence et l’espionnage économiques. Un avis quelque peu partagé par M. Abdou Abderrahmane, chercheur au CREAD, qui a laissé entendre que l’intelligence économique doit être considérée comme de l’espionnage, puisque dans tous les pays avancés qui ont adopté ce concept ce sont d’anciens agents secrets qui ont reçu la mission de le faire développer.
Or, les débats ont laissé apparaître qu’en Algérie une certaine frilosité persiste quand il s’agit de reconnaître la concordance de l’intelligence et de l’espionnage économiques. C’est ainsi que M. Amar Makhloufi, ancien ministre de l’Industrie et de l’Energie, a attiré l’attention de l’assistance sur le sens anglo-saxon du mot intelligence.
En tout état de cause, espionnage ou pas, l’importance de l’intelligence économique pour une entreprise n’est pas à démontrer, mais elle ne saurait être possible « en l’absence d’une démocratisation de l’information », a soutenu M. Abderrahmane, en ajoutant que l’intelligence économique est également une question de l’Etat.
De son côté, M. Boughachiche, professeur de management, a souligné que le développement de l’intelligence économique en Algérie bute sur un sérieux problème, celui des difficultés d’accès aux sources d’informations. Sans compter qu’elle doit être accompagnée de veille et d’organisation informationnelle.
Les animateurs de la table ronde ont, par ailleurs, estimé que la mise en œuvre de l’intelligence économique implique pour les entreprises la nécessité de structurer et de sécuriser leur système d’information et d’inculquer une véritable culture de l’information.
En attendant, le recteur de l’université de la formation continue, M. Mnaouar a fait savoir que depuis cette année il a été introduit une formation en postgraduation spécialisée en intelligence économique, scientifique et technique.
Spynews

URL de la source :
http://www.jeune-independant.com/article.php?articleId=28394

mercredi 16 janvier 2008

Alain Juillet : "Mon rôle consiste à "débarbouzer" l'intelligence économique"

Le 26/01/2006 (mise à jour: 9 fév 2006), par Jean-Marc Manach.
Dans la foulée de notre dossier consacré à l’intérêt porté par l’appareil militaire français aux nouvelles technologies de l’information et de la communication,
Guerre de l’information made in France, nous avons voulu interviewer Alain Juillet deux ans après sa nomination au poste de “Haut responsable chargé de l’intelligence économique” auprès du secrétaire général de la défense nationale.
Après une longue carrière passée dans le privé (au service de Pernod Ricard, puis dans l’agroalimentaire, notamment), il avait été nommé, en 2002 et à la surprise générale, directeur du renseignement, n°2 de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE), le principal service d’espionnage français. On
apprit alors qu’il bénéficiait en effet “d’une importante notoriété au sein de la communauté du renseignement, à cause de sa participation active et régulière aux missions clandestines de la DGSE à l’étranger”. Sa nomination démontra s’il en était l’attrait croissant porté par le renseignement militaire français à l’intelligence économique.
Pour Alain Juillet, la surabondance d’information va de pair avec un accroissement de la désinformation, voire de l’espionnage économique, que trop peu de responsables de PME prennent en compte. Si la France est en passe de rattraper son retard en matière d’intelligence économique, elle fait encore les frais de sa culture du secret, les jeunes ayant par contre compris la “révolution culturelle” que représente la notion de partage de l’information.
Il rappelle également que si l’on a jamais connu une concurrence aussi exacerbée, on n’est pas pour autant en “guerre”, et que les civils ont beaucoup à apprendre des militaires, notamment de leur méthodologie du renseignement. Si la France ne dispose pas de moyens comparables à ceux alloués aux “grandes oreilles” américaines, Alain Juillet estime cela dit qu’elle fait beaucoup d’efforts en matière de renseignement économique, bien que la notion de patriotisme économique soit encore mal comprise dans le civil, certains ayant, en matière d’éthique, beaucoup à apprendre du patriotisme américain.
Alain Juillet estime enfin que, si de nombreuses PME/PMI, et administrations, sont encore en formation, que le public et le privé ont encore des efforts à faire pour mieux se comprendre et travailler ensemble et que les synergies européennes n’en sont qu’à leurs prémices, le déploiement de l’intelligence économique est quant à lui irréversible.
InternetActu.net : au printemps dernier, vous vous
déclariez surpris par la rapidité avec laquelle l’intelligence économique prenait corps, le phénomène étant “accentué par la pression des jeunes générations”.
Alain Juillet : La jeune génération est habituée à surfer sur le web, à changer de paramètres en permanence, elle est prête, intellectuellement parlant. Ce changement culturel est proche d’une véritable révolution. Si on n’y fait pas attention, on pourrait se retrouver avec des générations sacrifiées par rapport aux jeunes.
Car l’information, dans le monde latin, c’est le pouvoir : on garde l’information pour soi parce que ça donne un élément de pouvoir. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication bouleversent complètement l’approche des problèmes, et amènent les individus à travailler différemment. Il y a surabondance de l’information, mais aussi distorsion des informations par injection de fausses données. Il faut alors recouper les informations, et c’est l’ensemble qui compte, ce n’est pas une information qui est importante, mais d’en avoir selectionné des milliers, et d’en avoir extrait l’essentiel.
C’est une nouveauté fondamentale : pour renforcer l’impact de votre stratégie, il faut déstabiliser l’adversaire pour qu’il ne puisse pas manoeuvrer contre vous. Il y a donc un effet ampiflicateur de l’influence avec les bons et les mauvais côtés : d’un côté vous explicitez votre démarche, c’est de l’information, mais avec une contrepartie épouvantable, c’est qu’on désinforme à tour de bras.
Ca va devenir un des problèmes clefs de ces prochaines années, parce que plus les spin doctors (expression populaire britannique pour désigner les professionnels des relations publiques, censés manipuler l’opinion, NDLR) apprennent à manipuler l’information de façon efficace et plus il est difficile de décoder la réalité, voire tout simplement de savoir si l’on est manipulé ou pas. Le journaliste est une victime toute désignée.
Christian Harbulot (pionnier de l’intelligence économique en France, théoricien de la guerre de l’information et directeur de l’
Ecole de guerre économique, NDLR) est celui qui a le plus avancé dans le domaine de la guerre économique offensive, ou guerre de l’information cognitive, mais ce n’est qu’un aspect du problème.
Je suis en effet très frappé de voir qu’en matière d’intelligence économique, beaucoup de gens parlent d’offensif et de défensif, alors que quand vous faites du judo, on ne vous demande pas si vous faites du judo offensif ou défensif : vous faites du judo, et toute l’astuce est de tirer partie des mouvements de l’adversaire pour le déséquilibrer…
En intelligence économique, c’est pareil. Le recueil et l’analyse des faits ne sont ni offensifs, ni défensifs ; ce qui peut l’être, c’est la stratégie d’influence, la finalité. Je passe ainsi mon temps à dire que l’on peut parfaitement faire de l’intelligence économique en restant dans les limites légales, et plus j’en parle plus j’en suis convaincu, parce qu’on trouve pratiquement tout, pour qui sait chercher.
Mon rôle consiste à dédramatiser, à “débarbouzer” l’intelligence économique pour bien montrer que ce sont des techniques, des méthodes très professionnelles. Il faut que nous évoluions vers l’acceptation de l’information, qui s’oppose à la culture du secret. La pire des solutions aujourd’hui serait de ne rien dire. Non il y a pire encore, c’est de mentir, ça, ça ne pardonne pas.
InternetActu.net : En 2004, vous estimiez que la France avait
10 ans de retard sur les Etats-Unis en matière d’intelligence économique, et que d’ici dix ans, il y aurait une intelligence économique européenne. Où en est-on aujourd’hui ?
Alain Juillet : Les Américains ont démarré l’intelligence économique en 1985, alors qu’en France nous n’avons commencé, avec Henri Martre et Bernard Isambert, qu’en 1995. On avait donc déjà au départ un handicap de 10 ans. Mais ce qui est bien quand on fait une course compliquée, c’est qu’en étant second on peut repérer l’itinéraire du premier, et donc savoir contourner certains obstacles, et rattraper une partie de ce retard. Ainsi, et en dehors de l’Angleterre et de la Suède, qui ont une avance encore plus importante que les Etats-Unis, on peut dire que nous sommes à la pointe de ce qui se passe en Europe.
Quant j’ai reçu l’instruction de lancer cette mission, j’ai estimé qu’il nous faudrait trois ans pour développer une véritable politique pour les outils de veille, adapter les lois aux nouvelles réalités du marché, former les jeunes mais aussi les vieux avec la formation continue et complémentaire, et mettre en place dans ce pays les bases de l’intelligence économique.
Je pense que dans un an nous serons dans une dynamique irréversible : on ne pourra plus arrêter, le soufflé ne pourra plus retomber, et on verra que ce n’est pas un soufflé, que l’intelligence économique n’est pas une mode. Certains dans le monde politique, de la recherche, des affaires, voudraient que tout soit fait en quelques mois, mais il n’y aurait rien de pire, parce que ce serait un château de sable. Si l’on veut que ça tienne dans la durée, il faut construire les bases.
Pour ce qui est des synergies européennes, il faut savoir que les NTIC coûtent horriblement cher en investissement, et on s’aperçoit qu’un pays n’a pas les moyens de tout développer : il faut être la Chine, l’Inde ou les USA, un très grand pays avec de très gros moyens, pour avancer seul. C’est pourquoi il faudrait qu’au niveau européen, les programmes (comme Quaero) d’outils de veille, datamining, textmining et autres soient développés, soit sous forme d’investissements communs, soit en confiant à chaque pays le développement de certaines parties du problème.
InternetActu.net : Pensez-vous qu’à terme la France ou l’Europe se doteront d’un équivalent du
Small Business Act américain ?
Alain Juillet : Bien sûr, tout le monde convient qu’il s’agit d’une bonne idée et que les Américains ont eu raison de le faire, mais nous ne pouvons le faire qu’au niveau européen. Il nous faut donc convaincre nos partenaires de l’intérêt de la chose. L’idée fait son chemin, un certain nombre de pays européens comprennent que c’est une formidable aide pour les petites entreprises.
InternetActu.net : La création d’un
Advocacy Center (qui met les moyens et l’autorité du gouvernement américain au service des entreprises, afin de les aider à gagner des contrats à l’étranger, NDLR) à la française est-elle envisageable ?
Alain Juillet : L’Advocacy Center est indiscutablement un formidable vecteur pour mobiliser les énergies d’Etat au profit de grands contrats à l’international, et les Américains l’ont encore amélioré récemment. Nous n’en sommes pas encore à ce stade, parce que cela supposerait d’avoir la capacité de centraliser toutes les informations de l’Etat en un seul endroit, ce dont nous ne sommes pas encore capables.
Nous devons d’abord parvenir à voir comment mettre en commun, ou rapprocher, tout ce qui existe comme données (et Dieu sait s’il y en a) dans les ministères et les directions. C’est le premier problème, et croyez-moi, il est d’une complexité énorme, parce que chacun, en bon Français, veille soigneusement à ce que ses informations restent chez lui… On en revient à la notion de partage de l’information, qui est une vraie révolution culturelle chez nous : il faut qu’on apprenne à partager l’information lorsqu’elle est utile, et à la mettre en commun. Après seulement on pourra parler d’un Advocacy Center à la française.
InternetActu.net : Que pensez-vous du
mémento du renseignement économique, présenté en juin dernier par le ministère de la Défense et co-signé par une dizaine de partenaires (Medef, ADIT, France Télécom, Cigref, etc.), qui propose aux PME “à fort potentiel de croissance” d’adopter les savoir-faire et techniques du renseignement militaire ?
Alain Juillet : Ce mémento, qui a été fait par des réservistes, est intéressant pour deux raisons. D’une part, il montre que le ministère de la défense croit en l’intelligence économique, et ce n’est pas étonnant quand on sait la pression exercée à ce sujet par Michèle Alliot-Marie. D’autre part en proposant d’adapter l’approche systémique du militaire aux petites entreprises, il leur dit qu’elles peuvent aussi elles aussi faire de l’intelligence économique : apprenez à vous servir de votre tête, regardez comme c’est simple, faites des check-listes et vous verrez comme des choses vont s’imposer à vous…
Car ce que les militaires appellent le C4ISR (pour “Command, Control, Communications, Computers, Intelligence, Surveillance, and Reconnaissance”, “commandement, conduite des opérations, communications, informatique, renseignement, surveillance, reconnaissance” en VF - NDLR) ouvre des possibilités extraordinaires pour les civils.
Le problème du marché civil par rapport au militaire, c’est l’instabilité des relations entre les uns et les autres, qui peut aller de l’amitié et de l’alliance la plus forte à l’opposition la plus acharnée. Le militaire, en temps normal, a quelques ennemis, les oppositions sont assez claires : il y a les bons et les mauvais.
Dans le civil, l’ennemi est partout, l’ami aussi : on peut à la fois se battre avec une société dans un domaine particulier, et s’allier avec la même dans un autre, et ça change tout le temps. Le marché est mondial, la concurrence est partout, et celui qui va faire tomber mon entreprise, ou que je vais absorber, peut se trouver n’importe où dans le monde, donc il faut que je le comprenne, que je voie et connaisse ce qu’il fait…
Regardez Boeing et Airbus, c’est une lutte Amérique contre Europe, mais Boeing fait son marché auprès des petits sous-traitants d’Airbus à Toulouse, parce qu’ils sont les seuls à produire un certain nombre de nouveaux éléments. Ils travaillent donc pour le pire ennemi de leur principal client, ce qui complique énormément les choses, parce que Boeing pourrait par exemple demander à certains d’entre-eux de ne plus travailler pour Airbus, et vice versa : c’est une forme d’équilibre de la terreur.
InternetActu.net : L’organisation de la Direction de la Protection et de la Sécurité de la Défense (DPSD), “chargée d’une mission de contre ingérence économique“, a été récemment modifiée afin de la
calquer sur la cartographie des “pôles de compétitivités”. Les Renseignements Généraux ont reçu en avril dernier pour mission de recenser les entreprises susceptibles d’intéresser des pays ou des entreprises étrangères, en collaboration avec la direction de surveillance du territoire (DST). Par ailleurs, leurs effectifs cumulés ont augmenté de 500 personnes depuis 2002, principalement au nom de la lutte antiterroriste. Savez-vous combien sont affectés à l’intelligence économique, et comment cela s’articule-t-il avec le dispositif mis en place dans les régions ?
Alain Juillet : Je n’ai pas la réponse à cette question, par contre, je constate une prise de conscience progressive dans les services de renseignement de l’importance de l’économique, dans tous les pays du monde. Bien sûr, il y a une pression populaire et étatique sur l’antiterrorisme parce que tout le monde a peur. Après, chaque service, en fonction de la pression qu’il reçoit de ses gouvernants, répartit la tâche comme il le peut.
InternetActu.net : Les RG rapportait ainsi récemment que 158 des 934 PME/PMI sensibles qu’ils avaient placé sous surveillance présentaient des “signes de vulnérabilité”, et que 87 d’entre elles avaient même fait l’objet “d’actions hostiles signalées”. Qu’en est-il exactement ?
Alain Juillet : Nous sommes dans un monde très concurrentiel dans lequel quand vous êtes une petite entreprise très performante, vous attirez vos concurrents. Si vous travaillez avec une technologie de pointe,tôt ou tard, vos concurrents, ou d’autres pays, apprennent ce que vous faites et viennent vous voir, que ce soit pour faire une alliance, pour acheter vos produits, pour vous racheter, ou pour vous faucher votre technologie. On rentre alors dans le cadre de l’espionnage, et le rôle des Etats est d’empêcher ça parce que c’est une distorsion de concurrence.
InternetActu.net : Mais comment ?
Alain Juillet : Déjà en sensibilisant ces entreprises, parce que bien souvent elles sont à 100 lieues de penser à ça. Je fais souvent des conférences en province, et quand j’entends des chefs d’entreprise me dire que ce que je raconte est incroyable, il faut que je me pince : comment se fait-il qu’ils n’aient pas conscience de ce genre de réalités ?
Par ailleurs, au niveau des Etats, il ne faut être ni naïf ni paranoïaque : nous ne devons pas réagir à tous les bruits, rumeurs et exagérations, et demeurer aussi froids que possible pour analyser les choses. J’en reviens au militaire : je suis un vieux soldat, et ce que j’ai appris, c’est qu’on fait la guerre sans haine.
Même si l’on n’a jamais connu une concurrence aussi exacerbée qu’aujourd’hui, au point que certains parlent de “guerre économique”, il ne faut pas oublier que ce n’est pas une guerre. C’est un conflit très dur, avec des jeux de puissance, des tentatives de prises de contrôle, mais c’est le jeu du monde des échanges, et il faut le jouer sans haine, sans jeter l’anathème. Je pense qu’à partir du moment où l’on commence à ostraciser l’autre dans le monde des échanges, on perd une partie de ses possibilités de manoeuvre. Si vous laissez vos passions l’emporter sur la raison, vous allez faire des bêtises.
InternetActu.net : James Woolsey, ancien directeur de la CIA, avait justifié l’utilisation d’Echelon à des fins d’intelligence économique au motif que les européens faisaient dans la corruption. Quid du système français d’interception des télécommunications ?
Alain Juillet : Ce que Woolsey avait écrit était un scandale, et revenait à confondre la paille dans l’oeil du voisin avec la poutre qu’on a dans le sien ! Il est évident, et ils ne s’en cachent pas, que les Américains utilisent leurs “grandes oreilles” pour recueillir un maximum d’informations sur les plans économique, militaire et antiterroriste. Tout pays, quel qu’il soit, à partir du moment où il a des systèmes de recherche d’informations, peut faire de même.
Mais c’est aussi une question de taille par rapport aux missions : si vous n’avez que 10 euros, alors que l’autre dispose de 10 000 euros, il y en aura un des deux qui couvrira mieux le problème que l’autre, c’est sans commune mesure. Echelon est un dispositif réunissant les Américains, les Britanniques, les Canadiens, les Australiens et les Néo-Zélandais, et probablement maintenant les Polonais. C’est un ensemble énorme. Même si nous sommes l’un des rares pays à disposer d’un système de même nature, il faut savoir raison garder : on ne peut pas concourrir aux 24h du Mans avec une 2CV face à une Porsche ou une Ferrari, on n’y arriverait pas, même si on aime ça…
InternetActu.net : Que pensez-vous de la notion de patriotisme économique, dont il a beaucoup été question l’an passé ?
Alain Juillet : Je pense que le concept n’est pas très bien compris, mais ça ne fait rien, c’est parti. Certains voudraient faire coire qu’il s’agirait d’amener les chefs d’entreprise à sacrifier les intérêts de l’entreprise à ceux de l’Etat, mais c’est une absurdité, et plus encore, un manque d’éthique : quand vous êtes payé par une entreprise pour la valoriser, la développer, de quel droit pourriez-vous décider unilatéralement de pénaliser votre entreprise au profit de l’Etat ?
Le patriotisme économique, c’est comprendre que l’herbe n’est pas toujours plus verte dans le pré du voisin que dans le sien. Mais ça ne veut pas dire non plus que l’herbe n’est pas plus belle dans le champ d’à côté et qu’il ne faut pas y aller. Les Américains sont une excellente référence en la matière : je n’ai jamais vu le patron d’une entreprise américaine racheter une entreprise pour faire plaisir au gouvernement américain; par contre, une fois qu’il aura racheter une entreprise étrangère, les Américains n’oublient pas leur pays; comme ils disent, “right or wrong, my country”.
Il y a une fierté d’appartenance dans certains pays qui contraste avec la capacité d’autoflagellation des Français. Ce qui ne signifie pas qu’il faille tordre les règles des échanges et du commerce : il faut faire comme les autres et jouer le jeu du commerce mondial, mais si ça peut en plus bénéficier à votre pays, tant mieux.
Je suis par ailleurs frappé de voir des responsables nous dire qu’il faut défendre les intérêts des Français, que l’Etat ne défend pas assez les intérêts de ses entreprises, mais qui, dans le même temps, délocalisent pour ne pas payer d’impôts… Est-ce que c’est éthique ? Est-ce qu’il n’y a pas une distorsion ? Ceux-là, je leur dénie le droit de me parler de patriotisme économique.
InternetActu.net : Bernard Carayon parle également d’indépendance technologique, et prône les logiciel libres.
Alain Juillet : Il a raison, il est évident que les logiciels libres offrent des opportunités très intéressantes, qui permettent de répondre à une partie des problèmes, notamment en matière de sécurité informatique : si on laisse ça entre les mains d’entreprises venant d’autres pays, on n’est jamais sur que ce qu’on nous vend est de bonne qualité. La DGSE a ainsi opté pour le logiciel Autonomy, dont la proximité avec les services américains est connue. La Chine, de son côté, a clairement fait le choix des logiciels libres, parce qu’elle a compris qu’elle serait, sinon, dépendante des Etats-Unis. En France il y a une volonté sous-jacente, le député Pierre Lasborde en parle d’ailleurs dans son rapport sur la sécurité des systèmes d’information, qui devrait être publié d’ici peu (il vient
de l’être, mais ne fait que très peu mention des logiciels libres, NDLR).
InternetActu.net : L’intelligence territoriale est l’un de vos autres grands axes de développement : où en est on dans le maillage des réseaux en région ?
Alain Juillet : Ca avance. Des comités d’intelligence économique se sont mis en place dans les 22 régions. Il reste encore beaucoup de problèmes à résoudre, mais on peut dire que 50% des régions commencent à bien fonctionner, tandis qu’il faudra encore quelques mois pour que les systèmes se mettent bien en place dans les autres.
C’est aussi un problème de mobilisation, et de formation, parce qu’il faut former les gens pour que cela fonctionne : les hauts fonctionnaires, en région, ne sont pas forcément préparés à l’intelligence économique. Il faut non seulement qu’ils soient motivés, mais aussi qu’ils apprennent. Le problème se pose aussi avec les ambassades : la première formation pour les diplomates a récemment eu lieu au quai d’Orsay, plusieurs formations ont déjà été effectuées auprès des préfets, et on est en train, peu à peu, de former les administrations.
On parle beaucoup des entreprises, mais il y a aussi les administrations, Au-delà de l’intelligence économique, cette action aura pour bénéfice annexe celui de faire découvrir au monde de l’administration quelques clefs du monde du privé. Et inversement, le privé acquiert quelques notions du monde public. On parle beaucoup de partenariats public-privé, mais pour faire un partenariat il faut se connaître, et là on est en train de faire tomber certaines barrières en France.
InternetActu.net : Concrètement, aujourd’hui, que peuvent faire les chercheurs, entrepreneurs, ingénieurs, porteurs de projet, pour bénéficier de cette politique française de soutien ? Vous n’avez pas de site web, comment faire pour trouver un interlocuteur ?
Alain Juillet : C’est vrai, nous ne sommes pas encore assez structurés, nous n’avons pas encore de site web, mais nous règlons les problèmes au fur et à mesure. On pourrait aussi parler des aides et de la politique d’appui aux entreprises, on n’est pas encore arrivé au bout. Nous commençons à tester les fonds d’investissement, mais il faudra encore du temps. En attendant, je constate que les gens arrivent d’ores et déjà à nous contacter : il faut passer par les structures régionales, les DRIRE, les ministères de l’industrie et la recherche, des professionnels de l’intelligence économique… Et ça marche, il nous revient des dossiers tout le temps.

Propos recueillis par Jean Marc Manach
Source: www. internetactu.net

samedi 12 janvier 2008

Algérie:L'intelligence économique pour protéger l'entreprise algérienne



La Tribune (Algiers)
26 Mars 2007Publié sur le web le 26 Mars 2007
Yasmine Ferroukhi
Après la tenue, les 10 et 11 mars en cours, des assises sur le thème «l'intelligence économique» organisées par le bureau conseil VIP Groupe (Visuel image promotion), c'est au tour de NT2S, une société spécialisée en technologie de l'information, de tenir,
les 8 et 9 avril prochain à l'Aurassi, la troisième édition du Colloque international IEMA 2007 sous le haut patronage du ministre de la Petite et Moyenne Entreprise et de l'Artisanat.

A un mois d'intervalle se tiendra à Alger une deuxième rencontre portant sur le même sujet, à savoir l'intelligence économique (IE) et la veille stratégique en entreprise. Après la tenue, les 10 et 11 mars en cours, des assises sur le thème organisées par le bureau conseil VIP Groupe (Visuel image promotion), c'est au tour de NT2S, une société spécialisée en technologie de l'information, de tenir, les 8 et 9 avril prochain à l'Aurassi, la troisième édition du Colloque international IEMA 2007 sous le haut patronage du ministre de la Petite et Moyenne Entreprise et de l'Artisanat. Un événement qui, nous dit-on, «a reçu l'appui de M. Alain Juillet, haut responsable chargé de l'intelligence économique auprès du Premier ministre français qui sera représenté par son adjoint, Jean-Marc Falcone [ ], l'objectif étant de présenter l'état de la réflexion dans le domaine de l'intelligence économique en Algérie, en France et dans d'autres pays».
Parce que les guerres sont, à l'ère d'une mondialisation galopante et visiblement irréversible, éminemment économiques où «l'information remplace le fusil, et le concurrent, l'ennemi», il est d'abord question de protéger l'économie nationale d'une concurrence, implacable et pour le moins redoutable, par la maîtrise et la gestion de l'information stratégique pour l'entreprise. L'univers de l'intelligence économique étant très vaste, les définitions de sa notion sont parfois très diverses mais, cependant, complémentaires. Pour Alian Juillet, le monsieur IE français, l'intelligence économique est simplement «la maîtrise et la protection de l'information stratégique pertinente par tout acteur économique».
Pour rappel, la question de l'intelligence économique a été abordée pour la première fois en conseil de gouvernement le 20 décembre dernier, à la faveur de l'examen du document portant stratégie industrielle. Depuis, plusieurs initiatives ont vu le jour, à l'instar du lancement d'une formation en PGS (post-graduation spécialisée) qu'assurera, dès le 5 avril prochain, l'Université de la formation continue. Les dernières assises sur l'intelligence économique tenues par le groupe VIP ont également donné lieu à la signature d'un contrat entre ledit groupe et l'Ecole européenne pour l'intelligence économique de Paris pour la création d'une école spécialisée qui doit ouvrir ses portes au mois de septembre prochain.
Si l'Algérie met aujourd'hui les bouchées doubles pour rattraper un relatif retard pour la sensibilisation sur cette question, cela semble lui être surtout dicté par son nouvel environnement économique caractérisé, bien sûr, par la transition d'une économie administrée à une économie de marché, mais aussi par la signature de l'accord d'association avec l'Union européenne, effectif depuis septembre 2005, ainsi que son intention d'intégrer l'Organisation mondiale du commerce. En somme, par une concurrence mondialisée. Ce qui revient à dire que l'entreprise algérienne, en particulier, et l'économie nationale, en général, sont appelées à faire face crescendo à une concurrence des plus féroces et tous azimuts. Ne pas dégager une stratégie à même de protéger l'entreprise algérienne n'est rien d'autre qu'un franc suicide.
La multiplication des rencontres autour de cette question permet, sans doute, de tirer les enseignements des politiques nationales engagées dans d'autres pays afin de mieux affiner les orientations d'une politique industrielle adaptée aux réalités de notre pays. Elles devraient surtout permettre une prise de conscience, à toutes les échelles, aussi bien au sein des institutions étatiques que dans les divers milieux d'affaires liés à l'entreprise, des enjeux qui guettent l'entreprise algérienne.
A NT2S, on juge que «l'entreprise, aujourd'hui, ne peut plus se contenter de réduire ses coûts ou de maîtriser uniquement la technologie, il lui faut également maîtriser un ensemble de leviers complémentaires : la maîtrise des savoir-faire technique et commercial, celle de la production, de la logistique et de la distribution, de l'ancrage dans le territoire d'origine, le dialogue social, un personnel polyvalent, une politique de formation et surtout un système d'information. La cohérence de l'ensemble nécessite que l'entreprise devienne une cellule d'intelligence économique à part entière. Tel est, désormais, le sens du lancement d'une démarche d'IE dans une firme, quelle que soit sa taille ou son activité».
Le Japon, les Etats-Unis et la France en exemple
Au cours des dernières assises des 10 et 11 mars tenues par le VIP groupe, les experts ont cité les exemples modèles en expérience dans le domaine, dans les trois pays, à savoir le Japon, les USA et la France. Il a été révélé que «le Japon a, sous couvert d'humanitaire, obtenu la signature de convention avec les universités du monde entier et s'est abreuvé des résultats de leurs recherches pour alimenter les entreprises locales japonaises qui n'ont donc pas eu à dépenser un yen pour acquérir de nouvelles découvertes et autres procédés». Ce qui a fait réagir les états-Unis de Bill Clinton des années 90 «en contrôlant et limitant l'accès aux bases de données de la recherche universitaire et en lançant l'Internet-contrôle pour l'essentiel par Google et Yahoo». S'en est suivi un rapprochement de la recherche du monde de l'entreprise, le développement de la sécurité économique en vue d'une reconquête par les entreprises de leur position sur les marchés mondiaux. Une chambre de guerre et de réflexion économique au niveau fédéral pour la recherche de nouveaux marchés a été ainsi installée, de même qu'a été mise en place une stratégie de protection par le contrôle du réseau électronique.
La France, elle, a lancé «une consultation pour réfléchir à ce que doit faire l'Etat pour permettre aux entreprises d'être présentes dans la concurrence. Il est advenu que l'Etat apporte aux entreprises toutes les informations sur les marchés émergents, les pourvoit en expertise et les accompagne dans la conquête de contrats dans ces nouveaux pays».
Les entreprises algériennes, une stratégie de survie
La question se pose aussi au niveau des organisations patronales. Interrogé sur le degré de prise de conscience au niveau de nos entreprises et indépendamment des initiatives étatiques, M. Reda Hamiani, président du FCE (Forum des chefs d'entreprise) nous répond que son association est très attentive, d'abord «à la conjoncture actuelle qui se caractérise par la mise en oeuvre de l'accord d'association et qui, il faut le reconnaître, n'a pas bouleversé fondamentalement les données économiques en Algérie».

Il affirme avoir attiré l'attention «des agents économiques sur les dangers et les enjeux capitaux
qui menacent l'économie nationale», jugeant que les petites et moyennes entreprises algériennes sont déjà en danger.
Tout en précisant que la pratique de l'intelligence économique doit se traduire par un mode opératoire, notre interlocuteur tire la sonnette d'alarme et déclare que «80% de nos entreprises ont des stratégies de survie et perdent continuellement des parts de marchés, y compris localement». Une tendance qui va se poursuivre au fur et à mesure qu'on avancera dans la zone de libre-échange si l'entreprise ne se donne pas les moyens adéquats pour au moins se protéger.

mercredi 9 janvier 2008

Performances économique, sociale et de gouvernance l'Algérie dans le ventre mou du classement africain

El Watan
Edition du
21 mai 2007 > Supplément économie


L’Algérie est le second PIB de l’Afrique en 2006. Grâce bien sûr à la nouvelle ère des prix pétroliers. Mais ses autres classements liés à la performance de l’économie, de la gouvernance et des indicateurs de développement humain la relèguent loin des meilleurs… toujours en Afrique.
Le pays d’Afrique où il ferait le mieux vivre est l’Afrique du Sud suivie de I’île Maurice et du Botswana. C’est une combinaison de « ranking » basée sur une kyrielle de sources (la Banque mondiale, le FMI, le PNUD, la BAD, l’OMS, ect.) qui donne ce résultat dans le hors-série de Jeune Afrique sur l’Etat de l’Afrique en 2007 récemment paru. Le classement (ranking) (JA) est la synthèse de trois classements, politique, économique et social. Il place l’Algérie en 8e position derrière le podium déjà cité puis la Tunisie (4e), le Maroc (5e), la Namibie (6e) et l’Egypte (7e) sur les 53 pays africains. Il place aux trois dernières positions le Burundi, l’Erythrée et la Somalie. Certes le classement qui pénalise le plus l’Algérie est le moins rigoureux des trois classements. La gouvernance politique algérienne est placée au 18e rang africain. JA reconnaît que les critères de son classement politique sont discutables. Le statut des libertés individuelles et publiques ne semble pas y bénéficier du meilleur coefficient de pondération comme le montre, par exemple, le très flatteur classement de la Tunisie de Benali (10e) alors que la Mauritanie qui a élu librement son président de la République n’est que 32e à ce classement « politique ». Il n’en reste pas moins que la démarche globale de cette évaluation conserve par ailleurs suffisamment de sérieux (les bases de données utilisées sont neutres) pour interpeller les opinions nationales et les investisseurs étrangers. Un pays comme la Libye arrive en 17e position des performances globales à cause d’une désastreuse 48e place « politique » alors qu’avec les Seychelles il se retrouve ex aequo au premier rang du classement social des 53 pays africains.
De grosses faiblesses de compétitivité
La mise en concurrence des performances de l’économie algérienne sur le continent africain est un excellent révélateur de ses faiblesses persistantes. Certes l’Algérie s’inscrit quelquefois au palmarès des meilleures performances. Cela est toujours rattaché aux recettes pétrolières : excédent commercial, 1er rang devant le Nigeria et la Libye ; réserves de change 1re place devant la Libye. Dès qu’il faut passer aux indices d’attractivité, le tableau s’assombrit. L’Algérie est seulement le 8e pays qui a attiré le plus d’investissements directs étrangers en cumulé sur la période 2003-2005. Le Soudan, l’Angola, et la Guinée équatoriale ont fait mieux. Les choses se compliquent sévèrement lorsqu’on aborde la compétitivité de l’économie. Si l’on ferme la rubrique hydrocarbures, l’Algérie devient le 20e exportateur du continent. Le Kenya, le Ghana, la Zambie, tous au-dessus des 2,5 milliards de dollars, font beaucoup mieux. Même le Mozambique, le Sénégal et la Tanzanie (1,4 milliard de dollars) exportent plus de marchandises hors pétrole que l’Algérie. Le classement vire au désastre lorsqu’on évoque la valeur ajoutée de l’industrie dans le PIB. En Algérie, il ne représente que 5,3% certes d’un PIB supérieur à 100 milliards de dollars le seul second d’Afrique derrière les 240 milliards de dollars de l’Afrique du Sud. Mais ce 5,3% de valeur ajoutée industrielle dans la richesse globale créée dans l’économie algérienne en 2006 fait qu’elle se situe à la 36e place africaine de ce point de vue. La désindustrialisation de l’économie algérienne est le phénomène le plus accablant ces dix dernières années. Elle a mis le poids de l’industrie à un niveau tellement bas que des pays comme le Niger, le Cap-Vert ou la République centrafricaine ont proportionnellement un poids plus important de leur secteur industriel dans leur économie. Ces contre-performances patentes (il en existe d’autres) amènent l’économie algérienne à ne se classer qu’en 6e place africaine en termes de performance, et cela en dépit du second PIB du continent. Le classement de JA basé sur les indices déjà cités situe l’Afrique du Sud en tête suivie des trois pays d’Afrique du Nord, l’Egypte, le Maroc et la Tunisie. L’île Maurice s’intercale devant l’Algérie.
Le mythe social écorné
Le grand mythe de l’Algérie pays social prend également un coup dans le ranking de JA appuyé sur les indicateurs de développement humain de la Banque mondiale. L’Algérie est classée 10e derrière le Gabon (7e), l’Egypte (8e) et la Namibie (9e). La Libye et les Seychelles se partagent la première place devant l’Afrique du Sud, l’île Maurice, la Tunisie et le Botsawana. Le social est le dernier domaine où le Maroc n’a pas encore dépassé l’Algérie. Mais il est tout juste derrière à la 11e place. Les principaux indicateurs utilisés sont le PIB par habitant, la scolarisation, les dépenses de santé par habitant, l’accès à l’eau potable et la consommation d’électricité par habitant. Les parités monétaires peuvent créer un biais à ce niveau. Par exemple le Maroc et l’Egypte arrivent devant l’Algérie dans les dépenses de santé par habitant ce qui est probablement un effet de niveau de prix intérieur des services hospitaliers et des médicaments. Il n’en reste pas moins que l’Algérie n’est sur le podium d’aucun indice social, 10e pour le PIB par tête, 7e pour la scolarisation, 12e pour les dépenses de santé, 11e pour l’accès à l’eau potable et 8e seulement pour la consommation d’électricité ce qui est également surprenant. L’Algérie 8e pays en Afrique par les performances combinées de son système politique, de son économie et de son système social ? Finalement sa place est tout à fait justifiée. Lorsqu’on rentre dans les dédales des stratégies d’entreprise à l’international, on réalise combien l’Algérie est restée renfermée sur elle-même pendant que des entreprises africaines d’Afrique australe, d’Egypte ou du Maroc partent à la conquête du continent dans leurs métiers. AJ avait consacré il y a un mois un hors-série à l’Algérie intitulé « un futur géant ». Les annonceurs publicitaires algériens ont sans doute apprécié. Le classement africain lui dit cette fois que le géant est toujours en salle d’accouchement.
El Kadi Ihsane